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[GALERIE] A la découverte du musée vodou de Strasbourg et de l'exposition sur le royaume du Dahomey

Le musée Vodou de Strasbourg (DR)

Un univers envoûtant à découvrir jusqu'à la fin de cette année, à deux pas de la gare de Strasbourg...

publié par PMaurer le 13/07/2017


Immersion dans la culture vodou de l'Afrique de l'Ouest... Pas besoin de parcourir des milliers de kilomètres pour cela, il suffit de se rendre au musée Vodou de Strasbourg, situé porte Blanche, pour découvrir la nouvelle exposition consacrée aux fétiches du Dahomey, région située au Bénin.

On a tendance à l'oublier mais ce musée (installé dans un ancien château d'eau de l'époque impériale allemande) héberge la plus importante collection privée d’objets vodou ouest-africains au monde. L'exposition temporaire qui vient de débuter transporte le visiteur au royaume du Dahomey, fondé en 1625. Devenus particulièrement riches en raison de la traite négrière, ses habitants vouèrent une véritable adoration aux âmes. Chaque objet et chaque être vivant possède une âme qui lui confère une puissance : le vodou.

Les Bocio

Les bocio, parmi lesquels les kudio bocio, sont des objets de cultes, symboles et forces de vie​. Ils fascinent et impressionnen​t. Plantées dans le sol pour détourner le malheur ou la maladie, ces statues élancées sont placées à l’extérieur des maisons, d’un quartier, d’un village et jouent un rôle de sentinelle, protègent la communauté, un lignage, une société secrète, une famille ou un individu.
La majorité de ces bocio est originaire de la région d’Abomey. Il n’en reste pratiquement plus au Bénin, car ils ont en grande partie été emportés par des marchands d’arts africains. Ils sont aujourd’hui remplacés par de petits piquets de bois. Ces sculptures, souvent minimalistes, d’aspect très contemporain, sont en général délavées et érodées par les éléments car exposés au ​intempéries​. Certaines d'entre elles qui se trouvaient à l’intérieur des couvents peuvent encore être chargé​e​s de cro​u​tes sacrificielles (sang, farine de maïs, huile de palme, etc…)

Les Fétiches aquatiques du lac Ahémé

Il faudra pour ces fétiches apprécier la valeur artistique, souvent figurative, tout en y découvrant la créativité et l’imaginaire fécond du féticheur. Être féticheur est un métier, différent de celui de sorcier. Il nécessite une connaissance des matériaux magiques mais également des talents de sculpteur et d’artiste. Les visiteurs pourront découvrir plusieurs barques, crocodiles et autres animaux aquatiques sculptés dans le bois où s’incorporent cordons, cordelettes, calebasses, cloches métalliques et matières sacrificielles.
Ces divinités de la région lacustre du Sud-Ouest du Bénin dénotent du lien fort tissé entre les populations et leur environnement. Les fétiches aquatiques proviennent de la région du lac Ahémé (on pouvait en trouver jusque vers Aklakou) et les barques mortuaires de la région de Grand Popo.

Egungun Oro

Ces costumes sont portés par les maîtres initiés du culte Oro en tête des cortèges des Egungun (grand masques) lors de certaines sorties de la forêt sacrée. Ils sont chargés de capter les forces maléfiques, pour protéger l’ensemble des initiés lors des cérémonies. On raconte que les personnes qui n’obéissent pas à leurs ordres peuvent être condamnées à mort.
Ces tenues Egungun des Oro sont extrêmement rares. Nous n’en connaissons pas d’autres que ceux collectées ici. Les Oro ne sortent que la nuit et sont très puissants. Ces objets sont chargés de nombreux éléments, chacun représentant un lien avec le monde de l’invisible.

Les fétiches d'autels de Bokono

Les fétiches présentés sont sans exception, des fétiches provenant d’autels de bokono. Ceux-ci aussi ont été créés en y ajoutant de nombreuses pièces, chacune ayant un sens particulier. Des nœuds, calebasses, cauris, etc.. s’ajoutent à la force des fétiches. ​A l'abri dans leurs autels, les fétiches conservent les croûtes sacrificielles qui les chargent. Celles ci occultent ainsi une partie de la beauté de la sculpture d'origine, mais enrichissent l'aura magique de l'objet.

Le pays du DAHOMEY

C’est au XVIe siècle, à la suite de migrations, que les peuples Yoruba, Ewé, Ouatchi et Adja-Fon, s’établissent dans les régions du Togo, du Bénin et du Nigéria actuels. Un siècle plus tard on assiste à la création de trois royaumes Fon : Allada d’abord puis Abomey et Porto-Novo.
On estime à 1625, la fondation du royaume du DAHOMEY. Ce royaume situé dans le sud-ouest du Bénin actuel, s’est développé sur le plateau d’Abomey entre le XVIIe et le XIXe siècle. Il devient une puissance régionale importante au XVIIIe siècle en conquérant les villes de la côte atlantique en particulier le port de Ouidah.
Ce royaume était un lieu majeur de la traite atlantique des esclaves. ​La traite a enrichi considérablement le royaume. De plus, ​grâce aux​ fusils obtenus en échange des esclaves, il est devenu le royaume le plus important de la région. Au XIXe siècle, le petit royaume de Porto Novo s’en détache. Il entre sous protectorat français. Les français attisent les conflits entre les deux royaumes jusqu’à la capitulation le 15 janvier 1894, après une résistance acharnée, du roi du Dahomey, Béhanzin. Les dahoméens vouent une véritable adoration aux âmes.
Chaque objet et chaque être vivant possède une âme qui lui confère une puissance. La force invisible qui en émane est appelé : vodou (Ce que l’on ne peut comprendre). La mort n’existe pas vraiment, il s’agit d’un passage entre deux mondes réels mais dont l’un est du domaine de l’invisible et l’autre du domaine du visible. Le sang est un principe vital qu’il convient de donner en nourriture aux divinités Dès l’émergence du royaume au XVIIe siècle le roi est un monarque absolu.
De ce fait il contrôle aussi la religion. Semedó, il est le « maître du monde », Tokunnò, il est le maître et possesseur de toute chose », Aínò, il est le maître éminent de la terre…Il nomme les différents prêtres et nomme et entretien un collège de devins (Les Bokono), ainsi que les kpamagán (féticheurs) qui ont la charge de lui donner la puissance et la force avec les plantes, les gris-gris et la magie.
Le dernier grand « Bokono royal » fût Gedegbe que l’ethnologue Bernard Maupoil rencontra dans les années trente et qui fût l’un de ses principaux informateurs pour l’écriture de son travail sur la géomancie du Fa.​

Notre reportage sur l'exposition

(avec dossier de presse)

Galerie photo: 
 

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